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les disciples de cheikhna cheikh saadbou

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nouleskhadr

Description :

Ce blog est entiérement dédié au grand cheikh, notre guide, descendant du prophéte Mouhammed (PSL): Cheikhna Cheikh Saadou Abihi (wa khayartou).
Mes grand-parents Cheikh Déthialaw Seck de ngourane et Cheikh Makhtar Diop de Guéoul ont consacré toute leur existence à oeuvrer dans le sens d'un retour des talibés vers les principes de la confrérie khadria, qui rejoignent ceux de la Charia. Ils furent tous les deux élevés au rang de Cheikh par notre guide Cheikhna.
Aussi, en tant que petite-fille de ces deux Cheikh, il est de mon devoir d'apporter ma petite contribution. (BAY SAMA WAAR SI TOOL BI).
Bienvenue à tous !!!!!!

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un article que jaimerais partager avec vous,merci de le lire avec attention,je sais que c'est long je m'en excuse d'avance mais ça en vaut la peine "diar nako"

GUEOUL, FOYER DE LA KHADRYA : Le destin d'une localité bénie par Cheikh Saad-bouh

Guéoul occupe une place de choix dans la hiérarchie khadrya. Terre bénie par Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, cette cité située au c½ur du Cayor fait la fierté de toute communauté de fidèles musulmans en quête de spiritualité, mais aussi et surtout de bénédictions et de grâces divines. Pour preuve, El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh ne pouvait s'empêcher de son vivant, à chacun de ses voyages, de faire escale à Guéoul ; soit pour se recueillir auprès des fils de Saad-Bouh Abihi, descendants directs du prophète Mohamed (Psl) ; ou s'arrêter et prier afin que Dieu, dans toute sa miséricorde divine le gratifie de ses bienfaits. Simplement, pour avoir compris le sens des propos de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh à la suite du rappel à Dieu, à l'age très jeune, de son illustre fils Cheikh'Al Hadramé.
Hadramé, ce coin du paradis ! Il faut venir jusqu'à Guéoul (région de Louga, Département de Kébémer), pour retrouver un endroit ; le seul au Sénégal où reposent deux illustres fils de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh Abihi. C'est juste dans un endroit communément appelé ''Hadramé'', en référence à l'illustre fils de Saad-Bouh qui y repose, dans son sommeil des justes ; tout au début du siècle. Alors, l'on comprend aisément pourquoi cette localité occupe une place de choix dans le c½ur du Saint-homme de Nimzath ; puisque sa ''chair'' ; la chair de son enfant béni, est restée à Ngoumba Guéoul. Dès lors, Cheikhna ne pouvait être qu'entretenir avec cette ville située aux confins du Cayor et du Ndiambour, une relation tout aussi particulière. La preuve, le vénéré guide religieux a écrit de sa douce main, un poème qui fait référence dans la littérature d'expression arabe. ''Ya rahmata lahi ana Ngoumba...'' : ''Que la miséricorde divine enveloppe Ngoumba Guéoul. Qu'Allah répande ses grâces sur cette cité bénie. Que ceux qui reposent aux côtés de Cheikh'Al Hadramé se réveillent de leur sommeil des justes au paradis''. Bien des années plus tard, Cheikh'Al Mahfou fut rappelé à Dieu à Guéoul. Alors, les érudits qui peuplaient la localité choisissent à leur tour de le placer à ôté de son illustre frère. Une situation exceptionnelle qui consacre la chance de toute une communauté villageoise ; mais aussi de tout un pays, en l'occurrence le Sénégal qui a été la terre de prédilection de Cheikhna, pour y avoir accompli toute une série de miracles. ''Dieu a fait connaître à Cheikhna Cheikh Saad-Bouh que Guéoul sera la capitale de la Khadrya, de sa famille, de ses enfants et de leurs talibés. A la limite, Cheikhna a prié pour que sa famille viennent s'installer à Guéoul'', explique Cheikh Chaya Ould Cheikhna Mohamed Fadel Ould Cheikh'Al Mahfou Ould Cheikhna Cheikh Saad-Bouh.
ENFANTS DU PROPHETE
De l'avis de son demi-frère Cheikh Talibouya dit Chérif Da'h Ould Cheikh Chaya Ould Cheikh'Al Mahfou Ould Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, ''Dieu a accordé à Guéoul, la chance d'avoir des enfants du prophète. C'est une chance et il faut en profiter au maximum pour pouvoir récolter les fruits de la miséricorde divine par le biais de la dévotion. Car, ils sont nombreux ces pays, à travers le monde, qui donneraient pour abriter la descendance du Sceau des prophètes'', souligne t-il. Dans ce même ordre d'idées, Chérif Chaya est d'avis qu'il faut redonner à Guéoul, toute la place qu'elle occupe dans la khadrya .... fadhiliya qui a vu le jour sous l'impulsion de Cheikh Mohamed Fadel Ould Mamine (1780-1870) ; le vénéré ascendant de Saad-Bouh Abihi. Pour preuve, à la faveur des douloureux évènements sénégalo-mauritaniens, les Khadres s'étaient donnés rendez-vous à Guéoul pour sacrifier au rituel de la prière de la Korité ; respectant ainsi à la lettre les recommandations de Saad-Bouh Abihi. Dans cette perspective, Chérif Da'h tient à préciser qu'il y a eu une continuité dans la dynamique tracée par son arrière-grand-père Saad-Bouh Abihi. Car, à la faveur du rappel à Dieu de Cheikh'Al Mahfou, ses deux fils, en l'occurrence Cheikh Chaya (de son vrai nom Cheikhna Cheikh Saad-Bouh) et son frère Cheikhna Mohamed Fadel ont choisi de faire de Guéoul, la tête de pont du rayonnement de la khadrya en Afrique et au Sénégal, en particulier.
HERITAGE
''Après le décès de leur père, Cheikh Chaya et Mohamed Fadel ont décidé de se séparer, tout en gardant le compagnonnage. Cheikh Chaya est resté à Hassi Mahfou et Mohamed Fadel est venu s'installer à Guéoul. Ce choix est divin. Ce qui veut dire que Dieu a définitivement scellé le destin entre Guéoul et la famille de Cheikh Saad-Bouh'', explique Chérif Da'h. Alors, il faut convenir avec Chérif Chaya Ould Cheikhna Mohamed Fadel qu'entre Cheikh Chaya et son frère Mohamed Fadel, chacun était l'ambassadeur de l'autre. Mieux, Cheikhna Mohamed Fadel était l'ambassadeur de son frère aîné, mais aussi de la khadrya au Sénégal. Sans compter, sa proximité avec Salihina où reposent ses vénérés pères Mahfou et Hadramé. Chargé de veiller sur cet héritage, Mohamed Fadel Ould Mahfou Ould Saad-Bouh s'est plu dans cette noble tache. D'autant plus que tout ce qui a été écrit par Cheikhna, comme l'a rappelé Chérif Da'h est savamment gardé par la descendance de Mahfou.
Aujourd'hui, cette tradition a été perpétuée par Chérif Beu'h dit Cheikh'Al Mahfou Ould Mohamed Fadel Ould Mahfou Ould Cheikh Saad-Bouh, devenu une référence incontournable dans la famille chérifienne ; grâce à sa sagesse et son érudition. Simplement, parce qu'il a été à l'école de ses pères. Cette responsabilité est partagée avec les fils de Cheikh Chaya Ould Mahfou : Mohamed Fadel, le khalife, Cheikh Atkhana qui vit à Hassi Mahfou et Cherif Da'h. Sans oublier le défunt Mahfou Ould Chaya dont la science et la renommée n'avaient point de limite.
Dès lors, toute cette famille s'évertue à perpétuer l'½uvre de leur ascendance, en faisant de la maison familiale et du quartier Nimzath de Guéoul, le pole de convergence de tous les talibés khadres du Sénégal et d'ailleurs. La preuve, à l'occasion du maouloud annuel, Guéoul est le point de ralliement de tous les khadres pour y célébrer la naissance du Sceau des prophètes, Mohamed Ibn Abdallah.
DOUDOU SARR NIANG
CHEIKH MOUHAMADOU MAKHTAR DIOP DE GAPP GAWANE : Le dos tourné à la vie d'ici-bas
Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop de Gapp Gawane a « semé la graine de la prière dans un champs bien défriché et fertilisé, abondamment arrosé par un déluge de foi en Dieu ». Sa rencontre avec Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, a favorisé l'émergence de plusieurs ''daaras'', la promotion d'une multitude de Cheikhs chargés de relayer la parole de Dieu.
Gapp Gawane, un village assoupi sous un soleil de plomb. Treize heures, ce lundi. Les rues propres et bien tamisées sont désertes. Seule la place publique accueille des personnes se reposant au pied d'un vaste baobab. Elles préparent l'heure de la prière prévue à une centaine de mètres de là, dans cette belle mosquée sans cesse en réhabilitation.
Gapp Gawane. Le village respire l'hospitalité. Surtout quand on y débarque sans avertir. De loin, le bruit du moteur de la voiture attire la curiosité des gens. Qui sont toujours prêts à venir à l'accueil, souhaitant la bienvenue dans la pure tradition du terroir. Ici, tout le monde sait qu'aux hôtes, il faut faire des honneurs. Alors, tout le monde s'y met sans complexe. Il devient de ce fait facile de s'introduire dans la cour du marabout du village.
Il n'y a pas de protocole. Il suffit juste de dépasser un bâtiment pour voir s'ouvrir le salon de Serigne Imam Diop. Un accueil long dans la pure tradition du terroir. Un vent frais arrose ce sobre salon rempli d'exemplaires du Coran et de livres en arabe. Des photos d'illustres marabouts sont accrochées aux murs.
Gapp Gawane. Dans ce village coincé entre Baba Garage et Gawaan, bouillonne la ''khadria''. Nous sommes dans le fief de Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop, un des Cheikhs de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. Il est né à Coki vers 1853, fils de Amina Ngourane Fall, petite fille de Khaly Amar Fall et de Massamba Sassoum Diop. Il est le fondateur de ce village. Serigne Imam Diop nous reçoit. Il est l'actuel Khalife de Cheikh Makhtar Diop.
Dans une extrême générosité, il a accepté de nous parler, en compagnie de Serigne Bassirou Diop, fils de son grand-frère rappelé à Dieu, de la vie et de l'½uvre de son illustre père, Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop. On retient, des explications fournies par Serigne Bassirou Diop et confirmées par Serigne Imam Diop que Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop était un érudit d'une dimension exceptionnelle. « Dans ses pérégrinations, il fut séduit par les charmes de la forêt de Gawane ; une forêt redoutée parce que hantée de Djinns féroces. C'était une zone qu'il fallait traverser très rapidement aux risques de subir les lois du maître des lieux. Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop réussit à dompter les djinns, à pacifier la zone et à s'installer à Gapp », explique-t-on.
Il a fait plusieurs longues ''khalwas'', sorte de réclusion spirituelle pour mieux s'approcher de Dieu. Il se nourrissait de son de mil arrosé de jus de bissap. La première "khalwa" a eu lieu à Hamdalaye Ndande au mausolée de Amadou Lamine Dramé. C'est là qu'il vit en songe un guide spirituel nommé Chérif Abou d'Egypte. C'est à Mbouloum que le Cheikh était pour la première fois entré en contact avec Cheikhna, d'abord en songe divinatoire, ensuite à travers les prédications du Chérif Abou. Il part par la suite à la rencontre de Cheikhna à Nimzath avec deux de ses talibés, Cheikh Ibrahima Sakhir Diouf de Thiadiaye, et Cheikh Abdou Karim Ndiaye de Mbour.
Le premier ''adiya'' (présent) qu'il fit à Cheikhna s'élevait à environ 1000 francs à l'époque, fruit de la récolte de 3 daaras de 25 personnes. Entre autres ''adiyas'', il offrit aussi à Cheikhna une voiture dont on dit qu'elle était de marque de marque citroen qu'il avait acheté à 3000 francs à Serigne Bara Mbacké. Elevé au titre de Cheikh dans la ''khadria'' par Cheikhna Cheikh Saad-Bouh lui-même, Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop a semé la graine de la charia et de la sunna. Ce qui a favorisé l'émergence de plusieurs daara, la promotion d'une multitude de Cheikhs chargés de relayer la parole de Dieu. « Cette parole psalmodiée par des voix nubiles, retentissait dans toute la contrée en un mugissement ritulent par sa candeur magique, en une sorte d'hymne féérique à la gloire de Dieu et de son prophète Mohamed », écrit Massamba Ngoné Dièye, professeur de Lettres et petit-fils de Cheikh Sidibouya Dièye. Il a écrit une intéressante chronique sur la vie et l'½uvre de Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop.
Selon les témoignages recueillis à Gapp Gawane, Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop a vécu pendant 19 ans avec Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, 17 ans avec Cheikh Sidaty Kabir, 1 an avec Cheikh Talibouya. Dans la chronique du Pr Massamba Dièye, on relève que « le Cheikh avait complètement tourné le dos à la vie ici-bas pour mieux se consacrer à la contemplation divine. A 7 ans, il fut atteint de cécité, comme s'il avait décidé de ne plus regarder que Dieu. Malgré ce prétendu handicap, le Cheikh avait appris le coran et en avait une maîtrise assez miraculeuse. Déjà, à l'âge de 20 ans, il avait commencé à entrer en khalwa pour être en communion avec le Tout Puissant ». Il ajoute que ces ''khalwas'' sont des séjours de privation, d'humilité, d'ascétisme austère, de recueillement et de prières, de quête de Dieu. Cheikh Mouhamadou Makhtar Diop a renoncé au titre de noblesse que lui conférait sa naissance au profit de sa soumission à Dieu pour une ascension dans la hiérarchie des hommes de Dieu.
Il est mort à Dakar le dimanche 12 décembre 1935 à 16 heures, 1 er jour du Ramadan, à l'actuel place de la Grande Mosquée, à Dakar, explique Serigne Imam Diop, un de ses fils et actuel khalife. Actuellement, ses descendants continuent de garder les mêmes relations avec la famille de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, ce qui fait de Gapp Gawane, un foyer authentique de la ''khadria''. SADIBOU MARONE
CHEIKH DÉTHIALAW SECK : La lumière divine illumine Ngourane
L'évocation du nom de Cheikh Déthialaw Seck remplie de fierté toute une communauté villageoise. Et bien au-delà toute une communauté de fidèles musulmans qui se réclament de la khadrya au Sénégal. Et à juste titre, puisque le Saint homme de Ngourane, une localité située à 7 km de Guéoul, est révélateur de la dimension mystique de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh Abihi. Mais aussi et surtout de la place que l'homme noir et en particulier le Sénégalais occupe dans la démarche religieuse du vénéré guide de Nimzath. A Ngourane, c'est une fierté d'être khadre et d'entretenir la flamme rallumée Cheikh Déthialaw depuis près d'un siècle.
Cheikh Déthialaw Seck ! Il fait référence dans la communauté khadrya. Simplement parce qu'il occupe une place de choix dans le c½ur de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. Mieux, il a été élevé par la saint-homme de Nimzath à un grade très élevé dans la hiérarchie du savoir, de l'érudition : ''Khoutbaniya''. Une charge spirituelle qui témoigne de la nature de la mission confiée à celui qu'on ne cessait d'appeler à Nimzath et environs, ''le Wolof de Saad'Bouh''. Car, il revenait à Cheikh Déthialaw né dans les années 1850, l'insigne honneur d'½uvrer pour la rayonnement de l'Islam dans cette partie du Cayor à forte prédominance ''ceddo''.
Entre Cheikh Déthialaw et Cheikhna Cheikh Saad-Bouh Abihi, c'est l'histoire d'une rencontre agrémentée d'une forte dose de spiritualité. C'est beaucoup plus celle d'un orphelin (de père et de mère) fortement ancré dans son terroir et baignant dans un environnement ''ceddo'' et d'une érudition qui a choisi de l'accompagner pour accomplir sa destinée. A Ngourane, l'on se plait à rappeler cette rencontre qui a été déterminante dans la vie de Déthialaw Seck dont la noblesse le prédestinait à occuper d'importantes charges sociales dans la hiérarchie ... ceddo.
Un jour, alors qu'il creusait un puits en compagnie de son demi-frère Mandione, Cheikh Déthialaw fut submergé par une lumière divine. La personnalité de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh tout de blanc vêtu, tournée vers l'Est, lui est apparu au beau milieu du puits. Quelques phrases retentirent dans l'oreille de Cheikh Déthialaw : ''Je ferai de toi un Waliyou ; un maître dans la voie tracée par Allah le Tout-puissant''. Subjugué par la beauté et la portée de tels propos, Cheikh Déthialaw demanda à son frère s'il avait vu cet homme à la blancheur lumineuse et aux propos rassurants. Mandione lui, n'avait rien vu encore moins entendu. Mieux, cette lumière lui avait demandé de le retrouver à Nimzath pour lui permettre d'accomplir sa destinée et de se hisser à un niveau de spiritualité élevé. Vers les coups de 19 heures, précise son petits-fils Cheikh Nah Seck, Cheikh Déthialaw fit l'appel à la prière et pria pour la première fois, à l'age de 20 ans. Cette nuit-là, Cheikh Déthialaw prit la ferme décision de quitter Ngourane pour répondre à l'appel de l'homme enturbanné.
114 SOURATES DU CORAN
A la sortie de son village natal, Cheikh Déthialaw fut accueilli par Cheikhna Cheikh Saad-Bouh qui a choisi de guider ses pas. ''Entre Ngourane et Keur Ma'Ndiaye, Allah le Tout-puissant lui a permis de maîtriser les 114 sourates du Coran'', rappelle son petit-fils. Une prouesse qui manifeste le destin de ces hommes élus par Dieu. Poursuivant son chemin, il fit escale à Pallène Séllé Diagne, Keur Maguèye Salla, Sahm avant de se retrouver à St-louis, pour pouvoir y retrouver la caravane en partance à Nimzath. Une fois sur le chemin de Nimzath, Déthialaw, armé de sa seule foi, prit le soin de bien s'occuper des chameaux qui appartenaient à son guide. Car, il considérait tout geste envers un patrimoine de Cheikna, comme un acte de dévotion. Cheikh Déthialaw finit par se blesser. Les caravaniers choisirent de le laisser dans un village, parce qu'il lui était impossible de continuer avec son pied enflé. Une fois à Nimzath, les Caravaniers furent sermonnés par Cheikhna. Mécontent, il confia à Ibn Hambal son propre chemin pour aller à la rencontre de Cheikh Déthialaw Seck. Ce dernier refusa de monter sur le chameau ; préférant marcher, malgré la douleur pour rejoindre son maître. Lorsqu'il finit par se retrouver en face du saint-homme de Nimzath, Cheikh Déthialaw ne pouvait aucunement être saisi par le doute. Tellement, c'était le même personnage qu'il avait vu dans le puits. Cheikhna prit soin de son hôte et le confia à un sage du nom de Mohamed Ibn Abdallah. Ce dernier mourut quelques jours plus tard et Cheikh Déthialaw hérita de toute la dimension spirituelle du défunt talibé de Cheikhna.
ASCETE TREMPEE DANS LE SOUFISME
A Nimzath, Cheikh Déthialaw, ayant pris le nom de Cheikh Ahmed Ibn Malick, s'était fait une grande réputation par sa propension à psalmodier le nom d'Allah et à rendre grâce à son prophète Mohamed (Psl). Même jusqu'au Maroc où Cheikhna avait l'habitude de l'envoyer, Cheikh Déthialaw fit étalage de toute sa science et de son degré de mysticisme. Tellement sa proximité avec Cheikh Saad-Bouh lui permit d'être une ascète trempée dans le soufisme. Dès lors, Mame Cheikh ne voulait pas rentrer au Sénégal. Il avait émis le souhait de rester avec son guide, de le servir. Cheikhna prit le soin de rédiger de sa propre main, un diplôme pour conférer à Déthialaw le titre de Cheikh ; le grade le plus important dans la hiérarchie khadre.
De retour à Ngourane, Cheikh Déthialaw se fit un devoir d'½uvrer pour le rayonnement de l'Islam dans cette partie du Sénégal réfractaire à toute ligne de conduite religieuse. D'autant plus que chez Cheikhna Saad-Bouh, Cheikh Déthialaw apprit de son vénéré maître, tous les secrets qui régissent ce bas-monde et au-delà. Pour preuve, un jour à St-louis, Cheikhna lui confia la mission de transférer trois sépultures de Goxu Mbacc à Nimzath. Ce que Déthialaw fit avec une précision ... religieuse. La réputation de l'homme de Ngourane atteignit alors, une nouvelle dimension. A Loumpoul, il fit aussi la même prouesse, en redonnant la vie à un de ses talibés. Autant de miracles qui témoignent de la dimension mystique de cet homme de Dieu. C'est dans ce contexte qu'il faut situer la randonnée à travers le désert mauritanien de douze de ses talibés pour amener des tôles de « zinc » à Nimzatt chez le vénéré Saad-Bouh Abihi. Ces douze personnes nourries avec six (6) dattes et un peu de riz, finirent par devenir des centenaires... dont la longévité finit par convaincre les plus sceptiques des vertus de la tarbiya (acte d'allégeance). Sur un autre registre, l'endroit où repose Cheikh Déthialaw Seck depuis 1934, fut béni par Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. Mieux, c'est là où le saint homme dressait son khayma (tente). Lors de sa dernière visite à Ngourane, Cheikhna y avait récité sept fois le saint coran. C'était quelque chose de prémonitoire.
DOUDOU SARR NIANG
CHEIKH MAKHTAR DIOP IBN AMARY NDACK : Aux bons soins de Cheikh Déthialaw Seck
A Guéoul, d'autres familles religieuses ont participé à côté de la famille chérifienne, à donner à la khadrya ses lettres de noblesse. Et, chaque occasion, ces familles se sont rangées derrières les petits-fils du prophète pour mener à bien leur mission. Il s'agit de Cheikh Makhtar Diop Ibn Amary Ndack Diop. Né en 1865 à Coki, Cheikh Makhtar Diop fait partie de ceux qui ont été élus par Cheikhna cheikh Saad-Bouh. Car, il a été le seul membre de sa famille à avoir choisi la voie tracée par le saint-homme de Nimzath. Une raison suffisante pour son père de le conduire chez son guide religieux à Diourbel, en l'occurrence Serigne Touba. Seulement, une fois dans la capitale du Baol, Khadimou Rassoul a fait savoir à Amary Ndack que le destin de son fils était entre les mains du grand cheikh mauritanien : ''Je ne peux rien pour lui. Ce qu'il recherche se trouve chez le Maure. Alors, il faut le laisser avec Cheikh Demba''. Faut-il le rappeler, Cheikh Demba n'est personne d'autre que Déthialaw Seck. Dès lors, entre Cheikh Déthialaw et Chekh Makhtar Diop naquit une relation toute particulière auréolée d'un acte d'allégeance de la part du fils d'Amary Ndack Diop. Dès lors, le seul référentiel pour Cheikh Makhtar Diop dans la voie qui mène à Saad-Bouh Abihi demeure inconstestablement Cheikh Déthialaw Seck. Et le ''lion'' de Ngourane lui a facilité cette ascension fulgurante au point que Cheikh Makhtar fit partie des hommes choisis par Cheikh Déthialaw sur les instructions de Saad-Bouh Abihi pour retirer les dépouilles de quelques Cheikhs et de les ramener en Mauritanie ; plus précisément à Zira. Les relations particulières entre Cheikh Mahfou et Cheikh Makhtar trouvent leur fondement dans le type de rapport particulier entre Cheikh Déthialaw Seck et la famille de Saad-Bouh Abihi. Et tout naturellement, Cheikh Makhtar allait avoir le même comportement vis-à-vis de Mahfou. La preuve, à Guéoul, Mahfou Ould Saad-Bouh descendait chez lui. Mieux, c'est dans sa demeure où le vénéré fils de Saad-Bouh fut rappelé à Dieu en 1934, alors qu'il revenait de Ngourane d'où il était parti présenter ses condoléances à la famille de Cheikh Déthialaw Seck. Des années durant, Cheikh Makhtar a été au service de son peuple, de sa famille, de ses talibés. Mais aussi et surtout de la descendance du prophète Mohamed (Psl). Pour preuve, le fils aîné de Mahfou Ould Saad-Bouh avait choisi d'y établir ses quartiers durant son séjour sénégalais. Et aujourd'hui, son khalife général Mohamed Fadel perpétue cette tradition. Rappelé à Dieu en 1971, Cheikh Makhtar a laissé un immense héritage perpétué par sa famille... Tout simplement pour respecter le serment d'allégeance.
Les missions confiées à trois Cheikhs
Cheikh Saadbouh a réuni un jour à Saint-Louis trois distingués "cheikhs" de la Khadriya : Cheikh Déthialaw de Ngourane, Cheikh Pathé Sarr de Mérina et Cheikh Aldiouma Bâ de Guet Ardo.
A chacun de ces cheikhs, il a confié une mission qu'il avait le devoir sinon l'obligation d'accomplir sur la demande de son vénéré aïeul, le Prophète Mohamed (PSL) et de son guide Cheikh Abdoul Khadr Jelani, nous a révélé Serigne Modou Guèye Sarr.
N'ayant pu accomplir ces missions, il en intima l'ordre à ces trois cheikhs.
A Cheikh Pathé Sarr considéré comme un "siniou", quelqu'un qui se réfère dans tous ses actes au prophète, il a confié la mission divine de célébrer la nuit du Maouloud Nabi dédiée au prophète et communément appelée Gamou. C'est ainsi qu'il devint l'un des pionniers dans cette célébration. A l'époque, Cheikh Ahmadou Bamba célébrait le Maouloud à Diourbel
A Cheikh Aldiouma Bâ, il a rappelé les trois lettres qu'il lui a adressées avant de lui donner l'ordre de construire une mosquée et de se rendre aux lieux saints de l'Islam (La Mecque).
La dernière mission et non des moindres fut confiée à Cheikh Déthialaw Seck de Ngourane qui s'abreuvait de "Tassavouf". Il ne s'agissait ni plus ni moins que de célébrer chaque année le 15ème jour du Ramadan dite nuit de Cheikh Abdoul Khadr Jelani.
CHEIKH SAAD-BOUH DIOP IBN CHEIKH AHMED : Il fut baptisé par Saad-Bouh Abihi
A côté de cette famille, une autre s'est illustrée. Il s'agit de Cheikh Saad-Bouh Diop, né le 13 mars 1898 et baptisé à St-louis par Cheikhna Cheikh Saad-Bouh du nom de Mohamed Saad-Bouh. Si Mohamed Saad-Bouh Diop a eu cette chance, c'est parce que son frère Cheikh Ahmed Diop a été un talibé et un compagnon de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. La nature des liens entre les deux hommes fait que Cheikh Ahmed Diop repose à Guéoul, dans le caveau des saints, à côté de Cheikh'Al Hadramé et de Cheikh'Al Mahfou. Pour avoir suivi les recommandations de son père, Cheikh Saad-Bouh Diop fait partie des pionniers du pèlerinage annuel de Nimzath. AInsi, jusqu'à son rappel à Dieu le 06 mars 1985, il a été de tous les pèlerinages de Nimzath.
GUET ARDO - CHEIKH ALDIOUMA : Un bâtisseur de mosquée doublé d'un érudit
Oeuvre difficile que celle de parler de tous les érudits que Cheikhna Cheikh Saad-Bouh a élevés au titre de Cheikh dans la khadriya. Dans presque toutes les localités du pays, Cheikhna compte d'illustres disciples. Cheikh Ahmadou Ndiaye à Loboudou, Cheikh Mamadou Ali à Digaane, Cheikh Dethialaw Seck à Ngourane, Cheikh Ibnou Arabi Ly à Thiès, Cheikh Cissè ''Boraba'' à Keur Samba Dia, Cheikh Youssou Bamar Guèye à Dakar, Cheikh Moussa Kamara à Gamgel, Cheiklh Ahmadou Lo à Mbour, etc.
À Guet-Ardo, dans le département de Louga, la famille de Cheikh Aldiouma Bâ perpétue son ancrage dans la kkhadriya. Ici, chaque jour, les enseignements de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh sont rappelés aux fidèles et croyants. Résultat : Guet-Ardo, dans la voie de la khadrya, devient un foyer religieux d'une dimension exceptionnelle.
Au bout d'une trentaine de minutes sur une piste, la voiture qui avait quitté Sagatta commence à dépasser les premières concessions de Guet-Ardo. Localité paisible en cette matinée de dimanche, Guet-Ardo est située dans le département de Louga, environ 30 Km sur la route de Touba. La forte chaleur retient sans doute les populations dans les concessions. Ces dernières allient, très harmonieusement, tradition et modernité.
Ce qui fait que Guet-Ardo, fondé vers 1545 par Ardo Moussé, ne souffre nullement de l'absence d'électricité et d'eau. Ici, les populations sont en majorité des Peuls très attachés à la religion musulmane, comme en témoigne cette belle et grande mosquée, peinte en jaune et vert, dont le long minaret semble défier les nuages. Guet-Ardo s'ouvre aux visiteurs dans la bonne humeur et le respect des recommandations de l'islam. Sur cette terre, repose Cheikh Aldiouma Bâ, grand érudit et disciple de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh.
Cheikh Aldiouma Bâ est né en 1862 à Guet-Ardo, un vendredi 12ème jour du mois de Rajab. Sa mère s'appelle Sokhna Coumba Diarry dont il était le fils aîné et l'unique garçon. Il avait quatre petites s½urs. Son père, Ahmadou Ismaïla Bâ, naquit en 1814 et est décédé en 1881 à Ndekkar, un petit village de la région de Saint-Louis.
Ayant très tôt maîtrisé le Coran, Cheikh Aldiouma Bâ fonde, en 1887, son propre « daara ». Insistant sur la formation et le travail, il développe des activités agricoles. Sa rencontre avec Cheikhna Cheikh Saad-Bouh lui a été révélée par plusieurs érudits qui lui disaient que son marabout viendrait de l'Est et qu'il serait de teint blanc.
Cheikh Ibrahima Cissé, un talibé de Cheikhna qui habitait près de Diourbel, lui a parlé du saint homme de Nimzath pour la première fois. Ce qui suscite un réel engouement chez lui. Il a fallu son contact avec Cheikh Mamadou Ali de Digaane pour que sa rencontre avec Cheikhna Cheikh Saad-Bouh commence à se concrétiser. C'est avec lui qu'il se rendit à Saint-Louis à la rencontre de Cheikhna.
Saint-Louis. A l'entrée de la ville, un groupe de disciples de Cheikhna est à son accueil, alors qu'il n'avait pas auparavant annoncé sa visite. En compagnie de Cheikh Mamadou Ali, Cheikh Aldiouma Bâ arrive à la tente de Cheikhna qui se lève en personne pour l'accueillir, les bras ouverts. Ils passent toute la journée ensemble. Cheikhna lui demande de regagner Guet-Ardo et de revenir deux années plus tard.
1902. Cheikh Aldiouma Bâ avec certains de ses talibés, revient à la rencontre de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. C'est lors de cette deuxième rencontre qu'il a été élevé par Cheikhna au titre de Cheikh dans la « khadria ». Cheikhna Cheikh Saad-Bouh lui remet alors le wird khadre en sus du wird tijaane qu'il possédait déjà. Il lui demande de conserver les deux. Et lui donne l'autorisation de donner le wird khadre et le titre de Cheikh à tous ses disciples qui le mériteront. Aussi lui demande-t-il de rester à Guet-Ardo et de ne pas venir à Nimzath.
Cheikhna Cheikh Saad-Bouh se rendra d'ailleurs à Guet-Ardo par deux fois, en 1904 et en 1911. Profitant de l'occasion, Cheikhna montre à Cheikh Aldiouma le lieu qui lui servirait de dernière demeure. Ce qui fut respecté d'autant que cette place abrite aujourd'hui le mausolée de Cheikh Aldiouma Bâ.
Aujourd'hui, Guet-Ardo continue son rayonnement dans l'islam et la khadriya. Ici, on veille particulièrement à la formation et l'éducation des disciples. Cela a toujours été le cas depuis Cheikh Aldiouma Bâ. Un travail que ses illustres fils, de Cheikh Mouhamad Fadal à Cheikh Hadramé, en passant par Cheikh Sidi Ousmane et Cheikh Talibouya, ont perpétué chacun à son époque. Les petits-fils ne peuvent pas faire autrement. Ici, de génération en génération, on boit à la source des enseignements de Cheikhna. « Cela veut dire enseigner le Coran, suivre les recommandations de Dieu et de son Prophète, développer les enseignements de Cheikhna, et cultiver nos champs », explique l'actuel imam, El Hadj Mouhamadou Bâ. À côté de ses frères dont l'actuel Khalife Mouhamadou Mayram Bâ et Ahmed Assane, ils nous ont entretenus de la vie et de l'oeuvre de Cheikh Aldiouma Ba. Ce dernier, jusqu'à son rappel à Dieu en 1946, faisait les mêmes actions à l'endroit des illustres descendants de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. Ce qu'ont perpétué ses fils. Et actuellement ses petits-fils.
SADIBOU MARONE
MERINA SARR ET SAGATTA CHEIKH PATHE SARR ET CHEIKH OUMAR SARR : Pionnier du Gamou et propagateur de la khadria dans le Gueth
Sagatta a eu le réveil assez lourd ce dimanche. À 10 heures passées, les populations peinent encore à sortir des maisons. La chaleur y est sans doute pour quelque chose. Ici, le thermomètre affiche plus de 30°. Et pour voir une quelconque animation, il faut entrer dans les maisons aux vastes cours bien entretenues, aux milieux desquelles, sur des nattes, des femmes, observant le jeune, animent une petite discussion en attendant de se lever, venu le début de l'après-midi, pour aller préparer les repas du soir.
Dans la cour de Cheikh Oumar Sarr, il n'y a pas de calme. Certains enfants psalmodient le Coran, au moment où les plus jeunes, jouent sous la surveillance de leurs mamans. Dans cette cour, le lot quotidien de chacun est de respecter les recommandations de Dieu le Très Haut, les enseignements de son prophète Mouhamed (PSL) et ceux de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, le saint homme de Nimzath.
S'il en a toujours été ainsi, c'est parce qu'il y a eu des érudits qui ont beaucoup travaillé en cela. Cheikh Pathé Sarr, le sage de Mérina Sarr fait partie d'eux. Et son ½uvre a été perpétuée par son illustre fils Cheikh Oumar Sarr qui repose sur cette terre du Gueth après y avoir accompli un remarquable travail dans la voie de Dieu. Entre Cheikhna Cheikh Saad-Bouh et Cheikh Pathé Sarr, la qualité et l'excellence des relations étaient d'une grande dimension. Cette relation, Modou Guèye Sarr, petit-fils de Cheikh Pathé Sarr est à l'aise quand il raconte ce qu'il en sait.
On retient, des explications fournies par Modou Guèye Sarr, que son illustre grand-père était un érudit d'une dimension exceptionnelle qui a étudié le saint coran et qui l'a enseigné à plusieurs générations à travers ses 12 « daaras ». « Les cinq premiers daaras étaient destinés à l'enseignement du saint coran et les sept à l'enseignement des connaissances livresques », explique Modou Gueye Sarr.
Cheikh Déthialaw Seck lui a parlé de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. À Saint-Louis où Cheikh Pathé Sarr était allé à la rencontre de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh, il a trouvé une foule nombreuse de disciples qui ont envahi la tente. Face à l'impossibilité de le rencontrer, il retourna chez ses hôtes. La nuit, Cheikh Pathé Sarr a prié Dieu pour que sa rencontre soit facilitée. Au même moment, raconte-t-on, Dieu le Trés Haut avait montré à Cheikhna Cheikh Saad-Bouh l'arrivée et les intentions de Cheikh Pathé Sarr. « C'est cette nuit-là que Cheikhna Cheikh Saad-Bouh a élevé Cheikh Pathé Sarr au titre de Cheikh sans l'avoir vu physiquement vu », explique Modou Guèye Sarr.
Aussi, après la prière de l'aube, Cheikhna Cheikh Saad-Bouh a dit à tout le monde que personne ne lui serrerait la main si ce n'est Cheikh Pathé Sarr. Entre la prière de l'aube et le milieu de la matinée, les disciples ont afflué de partout pour venir voir le saint homme.
Cheikh Pathé Sarr fait son apparition devant la tente. Il se présente aux disciples, et accède à Cheikhna. Ce dernier accepte de lui serrer la main, et l'élève, aussitôt au titre de Cheikh. Il lui donne l'ordre de retourner à Mérina Sarr et de poursuivre ses enseignements du Coran.
Toute sa vie durant, Cheikh Pathé Sarr n'a cessé de travailler à la perpétuation des enseignements de Cheikhna. Et même après le rappel à Dieu de ce dernier, il a entretenu les mêmes relations avec ses fils dont Cheikhal Khalifa et Cheikh Sidaty Kabir. Cheikh Pathé Sarr repose depuis 1940, à Mérina Sarr, village situé à 7 Km à l'Ouest de Ngourane.
À l'instar de son illustre père, Cheikh Oumar Sarr a perpétué cette tradition familiale en élargissant la voie de la khadriya dans cette partie du pays appelée Gueth.
Au prix de mille et un sacrifices, Cheikh Oumar Sarr est arrivé à faire de ce terroir, un lieu de convergence de plusieurs disciples venus s'abreuver à la source des connaissances coraniques et mystiques de cet illustre Cheikh qui, à Sagatta, a réuni à son tour d'illustres fils de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh. Ce qui fait de Sagatta, un lieu mythique de la khadriya.
Aujourd'hui la cour de Cheikh Oumar Sarr, à l'instar de celle de son père à Mérina Sarr, ne désemplit pas. Les illustres descendants de Cheikhna y sont toujours les bienvenus. Et trouveront ses fils dont Modou Gueye Sarr, Ahmed et Habib Sarr. À côté des disciples venus de partout, ils s'apprêtent à célébrer la fête de la Koritè, et deux jours après, former une caravane pour aller à Nimzath, là-bas, aux pieds des dunes de sable, et à leur tour, prier Dieu et passer des nuits paisibles. À côté du mausolée où repose Cheikhna...
De Bagdad à Nimzatt
Par Chérif ATKHANA, président-fondateur de la Fondation Cheikhna Cheikh Saadbouh
La Tarikha Khadriya se révèle être la matrice de toutes les tarhiras et leur dénominateur commun. Autant pour la protection, la sauvegarde que l'élargissement de la base de la foi islamique, cette confrérie est incontournable. Cadriya renfermant en son sein une forme d'auto-protection incontestable qui lui permet par ailleurs de s'adapter à son temps.
Tous sont unanimes à reconnaître qu'en dépit de la multitude de ses branches, la confrérie repose toujours sur l'Islam. A ceux qui s'adonnent aux recommandations qui font la force de cette confrérie, Dieu confère une fortune sans trop de mal, elle est aussi un outil pour accéder à la sagesse et à l'honneur.
Le Wird khadriya est un chapelet transmis du Prophète Mohamed à Cheikh Abdou Khadre Djeylani et de Cheikh Abdoul Khadre Djeylani à Cheikhna Cheikh Saad Bouh le propagateur. Le concept khadriya tire son origine du Vénéré Abdou Khadre Djeylani né en 470 de l'Hégire et qui s'éteignit en 561 de l'Hégire soit (1077 à 1166 de l'ère chrétienne).
Homme de lettres de renommée, Cheikh Abdoul Khadre Djeylani est connu pour sa parfaite connaissance du Saint Coran et des “Hadiths” mais aussi du Soufisme. C'est ainsi qu'en l'an 528 de l'Hégire, il reçut une grande distinction de l'académie des savants le titre de Moufti de Bagdad. De nombreux miracles sont à l'actif de cet hommes hors pair. Mais là n'est pas notre propos aujourd'hui.
Nous relatons néanmoins certaines de ses recommandations. Cheikh Saad Bouh mettait souvent ses talibés en garde contre cette propension à se faire un nom parmi les siens au lieu de faire connaître l'½uvre du Seigneur Allah. Ne vous découragez jamais dans votre sollicitation envers Dieu jour et nuit.
Le Saint Homme invitait aussi les fidèles à ne pas mépriser autrui ou à l'aimer uniquement pour lui-même. En effet, pour lui, seule la Charia doit être le meilleur baromètre pour juger les comportements d'autrui. Si ce comportement est conforme à la Charia vous n'avez aucune raison de le détester ou de le mépriser.
Interrogé sur la fortune, il mettra en garde les gens contre la cupidité, il faut éviter d'être l'esclave de l'argent et pour ce faire, il faut l'avoir sur soi, être prompte à le partager et non le thésauriser car se faisant on cultive ainsi le vice de l'argent. “La meilleure des qualités consiste à répondre par le Bien au Mal qu'on vous fait”, aimait à répéter Cheikh Abdoul Khadre Djeylani qui a légué à la postérité une mine inépuisable de savoir transcrit.
Les ouvrages les mieux connus qu'il a légués sont :
El Khounieyetou Li Talibi Tarikhi
El Akhi
El Fat El Rabani
Voutoukh El Khaïb
El Wouyoudate Rabaniha
La meilleure caractéristique du talibé khadre doit être : la générosité, l'entraide et une grande tolérance envers les autres.
De par son attachement au Soufisme, la confrérie khadriya a élargi la base de l'Islam particulièrement au 12e siècle, année qui a correspondu à la pénétration de cette confrérie en Afrique de l'Ouest. Prenant ses origines au Maghreb, cette confrérie propagée par ordre chronologique au Sahara, dans l'Adrar, Walata et à Tombouctou grâce à ses messagers, Oulémas et Cheikhs et des gens qui s'adonnent à leur commerce. Tous installaient des “daaras” pour y enseigner les Saintes Lettres du Coran et parfois le savoir tout court. De ces “daaras” on prélevait les meilleurs pour les envoyer se perfectionner à Tarablouss, Kheirevane, Jama Al Khaloune, Fass et Jamz El Hasar en Egypte. Le perfectionnement achevé, ils revenaient en Afrique se mettre au service de la religion. Ce processus continua et valut à la Tarikha une renommée incontestable et une ampleur insoupçonnée dans toute l'Afrique, particulièrement entre Azavade (région frontalière à l'époque du Mali et de la Mauritanie) et le fleuve Sénégal en passant par la Mauritanie. En ce lieu apparut une grande école khadre dont le fondateur était le Cheikh des Cheikhs, Cheikh Sidy Moctar II Kounti. Une école dont le prestige fut rehaussé par Cheikh Sidy Mohamed son fils et Cheikh Sidya de Boulimit son talibé. L'autre école de renommée El Fadilia fut créée par Cheikh Mohamed Fadel El Kébir à Odd au 18e siècle correspondant au 13e siècle de l'Hégire. De nombreux Oulémas savants sortirent de cette école de même que des Cheikhs de grande réputation.
Les uns furent orientés au Maghreb dans le Machreck et en Afrique de l'Ouest. On dénombrait parmi eux, ses fils, dont Cheikh Ma El Aïnine qui jouit d'une réputation mondiale pour ses connaissances et la guerre sainte qu'il livra aux colonisateurs dans le grand Sahara, en Mauritanie et au Maroc. On y dénombrait aussi des talibés comme Cheikh Mohamed Fadel Ould Euhbib à qui on doit un ouvrage intitulé “Dita El Moustabine, c'est-à-dire “La lumière qu'illumine l'homme en quête de savoir”. Toujours parmi les talibés Sidi Abdoulah Ould Mayaba père de Cheikh Moham El Khadr qui fut installé comme Moufti du rite Malikite à Médinatoul Mounawar.
D'autres figures célèbres notamment parmi ses parents furent distingués Cheikh Mohamed Fadel Ould Mohamed fut le fondateur de l'école khadriya située à Adrar. Du fondateur même de l'école Fadélia Cheikh Mohamed Fadel El Kébir, nous citerons comme l'un des miracles qu'il eut une progéniture de 100 enfants tous étant des “Waliyous” et comprenant 53 hommes et 47 filles.
Au 19e siècle, le confrérie khadriya s'enrichit d'une nouvelle dimension avec l'école du Mouridisme dont le fondateur Cheikh Ahmadou Bamba connu pour sa connaissance de Dieu, son nationalisme intransigeant reçut le Wird de Cheikh Sidya à Boulimite avant de devenir le guide spirituel incontesté et l'homme dont la renommée ne fut jamais égalée par un disciple khadre.
Le 31e fils de Cheikh Mohamed Fadel est le guide de renommée connu sous le nom de Cheikhna Cheikh Saad Bouh. Sa zone d'influence fut l'Afrique de l'Ouest où il abattit un travail remarquable marqué du sceau indélébile du succès au service de l'Islam par le biais de la Tarikha. Il rétablit aussi le pont spirituel entre l'Afrique de l'Ouest et le Maghreb.
Appel en faveur de Dieu
L'appel en faveur de Dieu, de l'Islam, de la Tarikha connut une réussite immédiate et certaine grâce à ses vertus de pédagogue doublé d'une efficacité et d'une sagesse lui permettant de traiter avec tous les hommes. Il avait aussi une parfaite maîtrise de la politique de l'Islam comme il savait user de la politique pour amener les hommes de Dieu. Autant de qualités qui justifient à coup sûr la place exceptionnelle que Cheikh Saad Bouh occupe dans le c½ur des Africains. Le don de soi dont il faisait montre, ses qualités d'organisation hors- pair (il avait des représentants et messagers de Dieu établis en des localités précises), expliquent aussi peut-être cette place, exceptionnelle. Certaines localités, véritables satellites-relais, continuent encore d'exister, dans certains pays, on y constate une multitude. Il s'agit de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et du Mali. Dans les autres pays, Cheikhna continue d'avoir aussi une influence incontestable auprès de ses talibés. Il s'agit de la Côte d'Ivoire, du Gabon et de la Sierra Léone.
Parmi les chérifs, originaires des Arabes comme des Négro-Africains, Cheikhna a su cultiver les vertus d'unité, de famille, d'aide et de concorde. Cette démarche est sous-tendue par un esprit religieux et humain. Ainsi, grâce à lui, l'Islam connut des bonds remarquables et le processus en dépit des vicissitudes, luttes de toutes natures, est aujourd'hui irréversible. Ce, malgré le dénuement, la crise et la sécheresse implacables qui ont affecté les pays d'Afrique noire.
Né à Odd en Mauritanie vers 1262 de l'Hégire (vers 1848), Cheikh Saad Bouh s'installe dans la région de Trarza. L'enseignement qu'il dispensa atteignit tous les niveaux du primaire à l'universitaire en 1284 de l'Hégire et il y eut une véritable ruée vers cet homme exceptionnel. Parmi ceux qui faisaient le déplacement, on distingué surtout les Africains noirs. Ainsi, son influence couvra la quasi-totalité de l'Afrique du fait de ses connaissances ésotériques et également à cause de ses nombreux écrits. Cheikh Saad Bouh s'éteignit un jeudi 22e jour du Ramadan (1335 de l'Hégire correspondant ) jeudi 12 juillet 1917). Il fut enterré à Nimzatt l'étape finale qu'il a créé capitale islamique de la confrérie khadriya où plusieurs dizaines de milliers de fidèles se rendent chaque année pour y effectuer le Ziarra et singulièrement à la fin du mois de Ramadan qui consacre la fin du jeûn.
Auparavant, le Saint Homme avait légué à l'éternité 69 livres et plus de 12.000 versets de khassaïdes axés sur différents thèmes de l'Islam.
Plus de 360 diplômes supérieurs dans l'Islam furent délivrés à des Cheikhs et Oulémas par le Saint Homme sans compter ceux qui n'ont pas pu accéder à ce niveau. Ces disciples qu'il prenait en charge entièrement s'attelèrent à la vulgarisation de la confrérie khadriya, un flambeau que ses petits fils disséminés dans le continent entendent maintenir tout haut.
Cheikh Mohamed Fadel « Maître des Maîtres »
C'est sous son impulsion que la Khadriya fadhiliya voit le jour (1780 1870. Il s'était acquis une réputation de théologien et de juriste éminent. Comblé d'honneur de biens et d'enfants le "maître des maîtres", patriarche de la quadriya s'est éteint à l'âge de 90 ans. Parmi ses héritiers, le douzième Ma Alainine, adversaire des Français et prétendant au trône du Maroc et Cheikh Saadbou ont largement contribué à la propagation de sa voie. En plus de son charisme héréditaire et de son capital culturel mystique, Cheikh Mohamed Fadel a mis en place une stratégie qui a permis de s'imposer comme une figure religieuse incontournable.
Grand "Wali", Perle éclatante et "Maître des Maîtres", Cheikh Mohamed Fadel Ould Mamine nous a légué un héritage spirituel qui est à la fois une source intarissable et une référence pour corriger les errements des musulmans.
Pour mesurer la dimension exceptionnelle de cet homme de Dieu, il suffit de retenir que l'étape finale dans la perfection divine de Cheikh Abdel Khadr Jelani fut le point de départ de Cheikh Mohamed Fadel. De la Tariqiua de Jelani à laquelle il s'initia très tôt, il en a obtenu aussi les grades les plus élevés.
Les témoignages des Oulémas et des Saints à son endroit attestent de la grandeur de cette figure illustre de l'Islam. Si tout "Wali" est tenu de parcourir les Sept Etapes par lesquelles l'âme est tour à tour "l'ordinatrice du mal, la blâmeuse, l'inspiratrice, l'apaisée, l'agréante, la parfaite et l'agrée, le fils de Mamine n'a eu à traverser aucune de celles-ci et son fils le vénéré Cheikh Saadbouh Abihi explique cela par le fait que l'étape finale d'Abraham est le point de départ de l'Envoyé de Dieu Mouhamed (PSL). Il en est de même du maître Abd Al Qadir al Jilani dont l'étape finale constitue le point de départ de Cheikh Mouhamed Fadel dans la quête de la perfection.
Les faveurs à lui accordées par Dieu, de même que sa Wilaya (sainteté) convainquent les plus sceptiques. Ces derniers dont Sidi Mouhamed Ben Ahmad Laswad et un autre du nom dAl Muhtar ont juré par Dieu que quiconque avait vu son visage ne connaîtrait pas l'infortune. Une wilaya (sainteté) qui apparut très tôt car antérieure à sa naissance parce qu' il a parlé étant encore dans le ventre de sa mère Khadiatou ainsi que d'autres walis l'avaient fait. Le charisme et la sainteté de notre maître se sont illustrés donc dès sa naissance et les "Amis de Dieu" (Awliya al lah) sont le mieux placés pour le reconnaître et pour recueillir son flux béni car il fut un "wali" dès le berceau et un descendant du prophète (chérif) par ses origines.
L'on raconte que lorsque son père le cheikh Mamine se rendait au Hedjaz et à Fez en quête de science et à chaque fois qu'il arrivait à un endroit où on l'admirait, on disait : « Mais cet homme vient chercher la science alors que tout ce que le Hedjaz et la Syrie comptent de science est dans son c½ur.
De son vivant, les hommes pieux rivalisaient d'ardeur pour lui faire serment d'allégeance et témoigner de sa "wilaya" afin de bénéficier de ses prières bénies. Au rang de ses nombreux disciples, on compte, fait rarissime, ses propres enfants garçons et filles qui lui ont fait serment d'allégeance. Il nomma maîtres certains de ses fils dont Cheikhna Cheikh Sidibouya auquel il annonça qu'il serait son calife. De Cheikhna Cheikh Al Hadramé, il a dit qu'il est son successeur spirituel, Cheikhna Cheikh Saadbouh Abihi il initia lui même à la Méthode soufi (Tarikha Soufiya) Cheikhna alors que Cheikh Ma al Ainine il l'initia aux sciences exotériques (Zahir) et profanes. Cheikhna Cheikh Sidi Al Mustafa est dira-t-il celui grâce à qui Dieu l'a rendu célèbre. Enfin à Cheikhna Cheikh Abass, il a donné le secret attaché au nom Sublime de Dieu (al Ism Al Azam).
Nombreux sont par ailleurs les actes prodigieux et autres anecdotes qui peuplent l'univers des khadrs. L'on dit ainsi que le père de Cheikhna ayant perdu un jour son chapelet de prière qu'une femme avait ramassé, Cheikh Mohamed Fadel grâce à un pouvoir de "dévoilement" (kashf) que Dieu lui a accordé put retrouver le chapelet au sein d'une caravane de 5000 personnes, hommes et femmes. Le maître cheikh Tourad oul Abass, raconte un des prodiges du grand cheikh Mouhamed Fadel en disant que lorsqu'il revenait de chez son oncle le maître Saad Abihi, il s"'arrêta dans un endroit appelé Agwnit" ou un groupe de gens parmi ses cousins lui proposa d'aller en visite à Dar Assalam. Il leur répondit en ces termes : "L'on ne prépare sa monture que pour aller vers trois directions : ma mosquée que voici, la Kaaba et la mosquée d'Al Aqsa". Lorsque le maître Tourad fut pris par le sommeil, il vit en songe le Prophète Mouhamed (PSL) assis à ses côtés, Cheikhna Cheikh Mouhamed Fadel qui lui dit : Cheikh Tourad voici l'Envoyé de Dieu (PSL). Peux-tu aller à lui ? Cheikh Turad alors dit " je demeurais perplexe tandis que le prophète souriait". Au lendemain, il réunit ses cousins et leur raconta son rêve. Il leur proposa ensuite d'aller à Dar assalam pour visiter le mausolée de leur père Cheikhna Cheikh Mouhamed Fadel. Lorsqu'ils aperçurent le mausolée, il s'écria : "Le bonheur m'emplit le c½ur. Voilà Dar as Salam qui m'apparaît au loin. Le feu des maux qui m'étreignaient s'est dissipé.... Là gît le Wali qui résout tous nos problèmes et par la grâce de qui nos voeux sont exaucés"
Amadou Gaye
Source documentaire Cheikhna Cheikh Mouhamed Fadel Ould Maamine Tome 1 réalisé par Rawdatoul Jinaany.
FONDATEUR DE LA CONFRERIE KHADRIYA
Cheikh Abdel Qadir, un grand
propagateur de l'islam
Grâce à ses actes, son comportement, ses enseignements, il a fait accepter le soufisme aux grands édurits de son époque et contribua pour beaucoup au rayonnement de cette doctrine à travers le monde.
Dès sa naissance, le fondateur de la confrérie khadriya avait manifesté les signes d'un homme de dieu. Selon le docteur Cheikh A. L. Ben A. Salam qui a consacré une thèse de doctorat au Saint homme “ Cheikh Abd Al Qadir a jeuné dès sa naissance. Car il n'acceptait le sein qu'au coucher du soleil et refusait de téter dès que l'aube pointait ”. Son comportement avait même incité les populations de sa province à se référer pour rompre le jeûn. Très tôt habité par la quête effrénée du savoir, il se rend à Bagdad (la capitale de l'Irak) pour assouvir sa passion. Percer les mystères du Coran. Là, il fréquente les meilleures écoles et cotoient les plus grands professeurs de l'époque. C'est ainsi qu'il fréquenta les écoles de grands maîtres comme Ghazali Mouhamed, Abu Wefa, Aly Ben Akkil, Zakaria Yaya Al Tabri, Abou Mouhamed Jafar, Ahmed Al Dabass etc. Ses bonnes dispositions en droit séduisirent ses maîtres et suscitèrent la jalousie de ses condisciples. Ce qui explique les supplices qu'il a subis surtout au cours de son séjour à l'école d'Al Dabass. Ce dernier s'apercevant des qualités exceptionnelles d'Abd Al Qadir Ghélani avait dit à ses autres élèves “ aucun de vous ne pouvait rivaliser avec lui, ni même lui être comparé du point de vue de la force et de la fermeté dans l'accomplissement des devoirs et de la pratique des vertus. ” Des témoignages concordants attestent que le Cheikh avait une foi inébranlable à son seigneur et aux enseignements du coran. Sa pratique de l'islam épousait parfaitement l'orthodoxie religieuse. Car sa doctrine avait pour soubassement le renoncement à tous les plaisirs d'ici-bas à l'image de tous les soufis.
Il cultivait aussi les vertus du travail. D'ailleurs, il n'hésita pas en compagnie de ses condisciples à se rendre au village de Baakouba situé à une dizaine de kilomètres de Bagdad pour aider les populations dans les travaux champêtres et glaner quelque chose pour subvenir à leurs besoins. Persévérant dans la voie tracée par le Tout Puissant, la consécration finit par arriver. Le maître soufi, Abou Saad Moubarak Al Mouharimi, lui décerna la “ Khirkha ” tant convoitée. Un vêtement mystique qui se transmettait par une simple poignée de main depuis l'époque du prophète Muhammad (PSL)L'illustre prophète élevait ainsi ses élus ayant fait montre de qualités exceptionnelles. Cette élevation plaça Cheikh Abd Al Qadir au-dessus de tous ses contemporains. En bon théologien, il enseignait et incitait les fidèles à suivre les régles et les pratiques cultuelles de l'islam. Il réussit même à faire accepter le soufisme à beaucoup d'érudits hostiles à ce concept. Sous son magistère la “ Khirkha ” prît une dimension internationale pour donner naissance à la Khadriya que l'on décrit comme la plus vielle confrérie. Il s'attela à la vulgarisation des enseignements de cette confrérie à travers le monde. Brassant des millions et des millions d'adeptes.
Descendant de la famille directe du prophète, une telle trajectoire ne peut étonner. Il est né, le 15e jour du mois de ramadan de l'an 470 de l'hégire soit à l'an 1077 du calendrier chrétien. Ses parents s'appelaient Abou Salih Djenghi Dost et Fatima Bint Abdallah Sawmi. Tous issus de la famille des Qoraïch.
Mamadou Guèye
CHEIKHNA CHEIKH SAAD-BOUH : La joie d'un père s'est faite... saint-homme
Saad-Bouh Abihi ! Juste un nom prédestiné dont la signification est à la fois symbolique et chargée. Puisqu'elle traduit ... ''la joie d'un père''. La joie de Cheikhna Mohamed Fadel Ould Mamine qui, par la grâce d'Allah le Tout-puissant, a eu la chance d'être le père de cet homme à la dimension religieuse exceptionnelle. Simplement, parce qu'avant la naissance du Cheikh, tous les grands érudits de l'époque avaient prédit la naissance de ce fils qui allait être la chance de son père. Mohamed Fadel dont la famille était la plus instruite dans cette partie de la Mauritanie, avait choisi de prier pour bénéficier de la grâce divine... afin ce fils soit sa chance à lui. A la faveur d'un événement heureux, les merveilles du Bon Dieu finirent par faire de Mohamed Fadel, l'heureux père du sauveur dont la naissance fut précédée par celle d'une jumelle, baptisée Souadou.
Cheikhna Cheikh Sadd-Bouh, faut-il le rappeler, a été éduqué par son père, pour avoir perdu sa mère très tôt. Seulement, Cheikhna n'a jamais eu de maître. Dieu lui a donné tout son savoir sans qu'il n'aille le chercher. C'est la preuve que son intelligence, son savoir et son érudition constituent un don de Dieu. Mieux, c'est à l'age de 7 ans que le Bon Dieu transmit à Saad-Bouh Abihi toutes ses connaissances du Saint Coran. Et son père lui donna le wird khadrya. Cheikhna commença à suivre les recommandations de son père sur le plan spirituel et sur le plan temporel jusqu'à l'age de 10 ans.
STATUT SPIRITUEL TRES ELEVE
Dans sa prime jeunesse, Saad-Bouh s'était fait un devoir de répandre sa pensée parmi les fidèles musulmans. Mieux, il envisageait à travers des voyages de toucher un autre monde et de les ramener dans le chemin de Dieu en prêchant la bonne parole. Ainsi, vers 14 ans, lorsqu'il eut l'idée de quitter son royaume d'enfance ; son Hodd natal (près de la ville de Néma), pour accomplir sa mission vers l'Est, il se retrouva dans un rêve en compagnie de son père dans une mosquée. Après la prière son vénéré père l'accompagna vers l'Ouest. De ce rêve, Cheikh Saad-Bouh en tira la conclusion que sa mission devait s'accomplir à l'Ouest. Avant qu'il ne parte, Cheikhna fut appelé par son père pour se voir signifier qu'il avait atteint un statut spirituel très élevé de ''Tarbiyou''. Mohamed Fadel l'éleva au grade de ''Cheikh'' ; la plus haute décoration attribuée à un homme de Dieu ; lui légua son propre turban (celui de la science ésotorique et lui donna l'ordre de le porter désormais devant tout le monde. Car, Mohamed Fadel était conscient que son illustre fils avait reçu de Dieu, quatre choses : celui qui adorera Cheikhna verra ses affaires prospérer ; celui qui le haïra verra son avenir s'assombrir ; celui qui, à un moment critique, dans l'épreuve, prononcera son nom, Dieu volera immédiatement à son secours et solutionnera son problème ; les personnes tireront profit de ce don de Dieu qui restera toujours intact. Après avoir quitté son Hodd natal vers 1864, avec l'ordre et les recommandations de son vénéré père, Cheikhna alla vers l'Ouest ; parcourut le Tiguint et l'Adrar où il visita ses cousins, Ahel Mohamed et El Abeïdi ; avant d'aller dans le Trarza (El gueu Bleu).
GRANDE REPUTATION
''Saad-Bouh, se trouvant dans un espace occupé, fonda sa conquête sur un modèle de religiosité confrérique et se distingua ainsi du modèle régnant dans le Trârza. D'autre part, devant le pouvoir temporel de l'émir, il utilisa son pouvoir symbolique pour surmonter ses adversaires. Mais dès l'instauration de son autorité, il opta pour l'élargissement de sa base religieuse en s'orientant vers le sud du fleuve Sénégal. Son espace de résidence, peu accueillant, le poussa non seulement à chercher une clientèle lointaine''. (Boubrik 1996). A l'époque, le saint-homme n'était âgé que de 17 ans. Ce n'est que par la suite qu'il prit la décision de faire le pèlerinage à La Mecque. C'est ainsi qu'il se rendit à Saint-Louis où il s'ajourna quelques mois. “Les manifestations nocturnes d'une piété très exubérante ont d'ailleurs valu à quelques-uns de ses disciples des démêlés avec la police coloniale. Ainsi, il abandonna son intention d'aller en pèlerinage“.
Vers 1875, poursuit l'instituteur Cheikh Adama Diakhaté, dans une contribution au Soleil daté du 14 mai 1988, “ il est allé s'établir à Zire chez les Ntaba Noirs dans le triangle compris entre l'Océan Atlantique côté Sénégal et le marigot de Maringouins. Il s'y maria avec Mint Hémoïde, et y séjourna quelque temps. Il s'est signalé par sa grande réputation dans les sciences ésotériques et exotériques et s'est spécialisé surtout dans le mysticisme. Après avoir remonté quelques instants vers le Nord, il campa successivement à Bou-Jaïba entre Kroufa et l'Océan, puis Toulizikt, et de nouveau Bou-Jaïba avant de s'établir à Nimzatt et enfin à Agnint. Ce n'est que vers 1910 qu'il s'installa définitivement à dans cette ville. Toutes ces localités ont été des universités islamiques ayant participé activement au rayonnement de l'Islam.
ENSEIGNEMENT MYSTIQUE
Dans cette dynamique, le saint-homme a légué à la postérité, 82 livres et plus de 12.000 versets de khassaïdes axés sur différents thèmes de l'Islam. Plus de 360 diplômes supérieurs dans l'Islam furent délivrés à des Cheikhs et Oulémas par Cheikhna. Ces disciples qu'il prenait en charge entièrement s'attelèrent à la vulgarisation de la tarikha khadrya, un flambeau que ses petits-fils disséminés dans le continent entretiennent jusqu'à présent. Cheikh Saad-Bouh est un saint, pourvu de dons innés immensément merveilleux. Il instruit et forme des néophytes. C'est ainsi qu'il a reçu des coins les plus reculés de l'Afrique occidentale française d'alors, des visiteurs en quête de savoir, complètement ignorant des choses de la religion. Ces visiteurs qui ne savaient ni lire et écrire, ne pouvaient distinguer une génuflexion d'une prosternation. Cheikhna leur donnait son enseignement mystique et sept jours après, ils repartaient parfaitement instruits et dignes d'être CHEIKH, conducteurs d'âmes”. Cheikh Déthialaw Seck de Ngourane (à 7 km de Guéoul), Cheikh Mahamadou Ndiaye de Louboudou, Cheikh Mokhtar Diop de Gap, Cheikh Ibrahima Codou Seck de Tivaouane, en sont les parfaites illustrations. Par ailleurs, toute sa vie durant, Cheikhna a été un modèle de dévotion et de piété au service de l'Islam. Que dire de ses relations avec les personnalités religieuses qui lui sont contemporaines, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadj Malick Sy ? Simplement qu'elles étaient ''pleines d'amour, de sincérité et de dignité. Les échanges de poèmes, véritables hymnes que ces illustres personnages se dédiaient mutuellement doivent être médités de tous” pour le grand bonheur du peuple sénégalais. D'autant plus qu'il a livré sa Jihad par ses miracles, sa force divine, sa puissance matérielle et son enseignement extraordinaire.
D. SARR NIANG
Adramé Bakheida, chérif : des banlieues, montreur de conduite
Héritier spirituel de Cheikh Saadbouh Chibbi, Chérif Adramé Aïdara plus connu sous le nom de Chérif Bakheida est un montreur de conduite doublé d'un érudit qui a la particularité de dompter les jeunes des banlieues. La jeunesse khadriya qui se réclame de ce Chérif se distingue au fil des célébrations des grands animateurs. Soirées religieuses ponctuées de « tabalas », chants dédiés à Cheikhna rythment les nuits de Nimzatt grâce à ce petit fils dont on peut dire sans risque de se tromper qu'aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre d'années.
Fort respecté au sein des chérifs, il a de qui tenir. En effet, Cheikh Saabdouh Chibbi, contemporain de son homonyme Cheikhna Cheikh Saadbouh, était dans la hiérarchie khadriya un homme fort respecté du fait de sa grande érudition.
L'ensemble de la famille chérifienne se donne rendez-vous chaque année au gamou que lui dédient ses fils. A quelques jours du pèlerinage de Nimzatt, Chérif Bakheida me confiait que sa plus grande préoccupation, c'est de recevoir en ce mois béni les hôtes de Cheikhna. A ces derniers, il recommande de beaucoup prier à la fois pour leur pays, ses dirigeants et pour que les bienfaits se répandent sur notre cher Sénégal. Pour cet homme d'une courtoisie légendaire, seul lui importent l'adoration de Dieu, de son distingué prophète et un respect scrupuleux des recommandations de son grand-père Cheikhna Cheikh Saadbouh.
Nimzath, une cité qui baigne dans la modernité
Au cours de ces dernières années, Nimzath a radicalement changé de visage. Même si, à l'occasion du pèlerinage annuel, les tentes ( khayma, dans le langage courant) se dressent un peu partout à la faveur du dynamisme exceptionnel des talibés khadres et de la sollicitude des Chérifs, des bâtiments prennent de la hauteur un peu partout dans cette localité. A côté, de petites maisons sont en train d'être aménagées avec des tôles en zinc pour préparer les prochains cycles du pèlerinage qui vont coïncider avec la saison des pluies ces prochaines années. Une vision prospective qui témoigne de la volonté des khadres d'aménager l'espace pour pouvoir y vivre en toute quiétude.
Autant de choses qui expliquent la une volonté clairement affichée de tout mettre en ½uvre pour faciliter le séjour au pèlerin dans le cette cité religieuse où Cheikhna Cheikh Saad-bouh s'est définitivement installée en 1910 pour permettre à ses talibés et autres hommes en quête de miséricorde divine de le retrouver sur place. Dans ce même ordre d'idées, la lutte contre la désertification occupe une place de choix dans l'activité. Car, la formation des dunes de sable risque de disperser l'habitat. Mais aussi et surtout de ''bouffer'' de plus en plus l'espace habitable. Au point que les gens sont obligés de vivre dans une certaine promiscuité.
A Nimzath, certes l'approvisionnement en eau potable ne fait plus défaut. Seulement, le temps de la retraite spirituelle de dizaine de milliers de talibés, la capacité du forage est réduite à sa plus simple expression. C'est la raison pour laquelle, les Chérifs ont tiré la sonnette pour demander aux autorités mauritaniennes d'inaugurer un autre forage afin d'assurer un approvisionnement correct de la localité. Dans la mesure où, durant le pèlerinage, les Chérifs sénégalais sont obligés de mettre à contribution certaines connaissances pour pouvoir disposer de camions citernes afin d'assurer une meilleure disponibilité du liquide précieux. D'autant plus que l'approvisionnement en eau a une incidence positive sur l'hygiène et la propreté, facteurs de prévention contre toutes maladies qui pourraient être préjudiciables aux pèlerins. Fort heureusement, par la grâce de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh et par le comportement exemplaire des talibés khadres, toutes les dispositions sont prises pour une meilleure prise en charge de tout le monde et dans des conditions de salubrité exemplaires.
... au c½ur, des embouteillages
Heureusement que les bus respectent les consignes données avant la célébration de la Korité. Sinon, la situation pourrait être catastrophique à Nimzath ; et plus particulièrement sur le principal boulevard qui mène à Salihina, le caveau des saints. Aujourd'hui, il est quasiment impossible pour une petite voiture, un ''Ndiaga Ndiaye'' ou un car rapide de circuler à Nimzath. Seules les voitures 4x4 ont la possibilité d'escalader les dunes de sable ou slalomer entre les différentes khayma. A cet effet, les gendarmes mauritaniens sont obligés de sévir pour faire face à l'indiscipline de nos chauffeurs qui choisissent de se garer n'importe comment. Parfois, ils n'hésitent même pas à déplacer d'autorité certains voitures pour pouvoir libérer l'espace afin de permettre aux personnalités religieuses de la ville sainte de vaquer correctement à leurs occupations et taches quotidiennes.
Aujourd'hui, avec le bitumage de la route Tiguint-Nimzath, nombreux sont ceux qui pensaient qu'un grand parking allait être aménagé à l'entrée de Nimzath pour accueillir les gros porteurs, les bus, les cars, les petites voitures et autres véhicules légers. Seulement, tel n'a pas été le cas. Et, l'on pense certainement qu'à l'occasion de ce pèlerinage 2006 que des dispositions idoines seront prises pour le respect des consignes sécuritaires. Avec les groupes électrogènes mis à contribution pour l'éclairage, la cité bénie de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh se découvre plus de charme. Et l'on se plaît à parcourir ses différentes artères, pour se donner une image de la localité, enfouie au c½ur du désert.
La téléphonie mobile, une nécessité
La nuit à Nimzatt, c'est aussi une occasion idéale pour se retrouver au beau milieu de chants religieux que les dahiras venus un peu partout à travers le Sénégal, animent à la gloire du Prophète Mohamed (PSL). Mais aussi ses serviteurs, à l'image de Cheikhna Cheikh Saad Bouh Abihi et ses petits-fils. Il est difficile de comprendre pourquoi, aucun effort n'a été fait dans le sens d'aider les milliers de pèlerins de pouvoir communiquer avec leurs parents restés au Sénégal. Car, comment comprendre qu'on puisse rester quatre à cinq jours dans cette partie de Mauritanie, située à 150 km de la frontière sénégalaise sans pouvoir joindre quelqu'un ou encore être joint. A l'heure de la révolution dans le domaine des télécommunications, une telle attitude est pour le moins incompréhensible. Les technologies de pointe permettent aujourd'hui, en n'importe quel point de globe de pouvoir communiquer avec le reste du monde. Une technologie accessible à la Sonatel qui aurait pu, en partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile explorer cette opportunité. Car, ce sont plus de 100 000 Sénégalais qui se déplacent chaque année à Nimzatt. Aujourd'hui, avec le roaming, cette possibilité est offerte. Alors qu'est-ce qu'on attend ?
Sur le chemin de Nimzatt, le mérite des pèlerins, c'est d'avoir été d'un comportement irréprochable, parce qu'ayant choisi d'effectuer le pèlerinage en terre étrangère. C'est-à-dire en République islamique de Mauritanie connue pour ses relations exemplaires avec le Sénégal. Alors, chaque pèlerin doit se comporter comme un ambassadeur du Sénégal en Mauritanie. Et rien dans leurs actes au quotidien n'a été de nature à compromettre la parfaite entente entre nos deux pays. Connus pour leur sens élevé de la citoyenneté et du respect de l'autre, les Sénégalais doivent préserver cet héritage tout le temps qu'ils sont restés en Mauritanie. C'est parce que, les talibés khadres sont connus pour leur discipline et leur respect des principes qui fondent la démocratie et l'égalité, que les autorités sénégalaises doivent d'accompagner cette dynamique de paix et de parfaite entente entre ces deux peuples frères. Mieux, à la faveur de cette forte affluence, il se trouve que des individus mal intentionnés se joignent aux pèlerins pour commettre des forfaits. C'est la raison pour laquelle, des dispositions ont été prises par certaines dahiras pour procéder à des rondes. Ainsi, tout voleur qui sera pris, sera confié aux autorités mauritaniennes et emprisonnés en Mauritanie, sans une possibilité d'intervention du gouvernement sénégalais. Alors, les malfrats et autres petits larcins sont avertis. Aucun forfait ne sera toléré en terre mauritanienne.
NIMZATT D'HIER A AUJOURD'HUI - CHEIKH'AL MAHFOU AIDARA DIT CHERIF BEU'H : « L'Etat doit encadrer les pèlerins sénégalais »
Chez Cheikh'Al Mahfou, les préoccupations tournent essentiellement autour de deux choses : la santé et l'encadrement des pèlerins. Et c'est parce qu'il est Sénégalais ; qu'il se sent concerné au premier degré par ces aspects fondamentaux dans la réussite de toute manifestation d'envergure internationale. ''Si on parle de Nimzath, c'est parce que des milliers de Sénégalais s'y retrouvent chaque année pour célébrer la korité. Ce sont des Sénégalais qui ont besoin d'encadrement. Mais aussi et surtout d'assistance médicale et sanitaire pour leur permettre, en toute tranquillité, d'effectuer le pèlerinage'', explique t-il. De l'avis de Chérif Beu'h, l'encadrement fait défaut en terre mauritanienne. ''On doit pouvoir encadrer les pèlerins sénégalais. Sinon, pourquoi ne pas négocier avec les autorités mauritaniennes pour assurer leur encadrement, avec une mobilisation d'ambulances médicalisées et de médecins spécialisés pour une meilleure prise en charge de nos pèlerins''. Pour le khalife de Cheikhna Mohamed Fadel de Guéoul, ''les Sénégalais qui tombent malades doivent pris en charge correctement. Si cela nécessite une évacuation sanitaire, ils doivent aussi l'être dans des conditions adéquates grâce à un dispositif sanitaire adéquat''.
Pour Cheikh'Al Mahfou, une situation particulière a été vécue l'année dernière à Nimzath, à la suite d'un accident de la circulation ayant occasionné quelques blessés graves. ''J'ai été informé vers 21 heures de cet accident intervenu vers les coups de 17 heures. J'ai été obligé de mobiliser des gens pour pouvoir procéder à leur évacuation sur St-Louis. La Croix-rouge mauritanienne sur place n'avait ni l'expérience encore moins les moyens nécessaires pour intervenir et procéder aux premiers soins'', explique t-il. Selon Chérif Beu'h, la bonne décision n'était pas de les évacuer sur Nouakchott, mais à St-louis où ils pourraient bénéficier, chez eux, de soins adéquats. ''Car, pour la plupart, ce sont des St-louis. Une fois à Nouakchott, ils auraient éprouvé d'énormes difficultés'', poursuit-il. C'est la raison pour laquelle, Chérif Beu'h a réquisitionné un camion du ministère de l'Intérieur du Sénégal venu apporter du matériel, pour le transport des blessés. ''Nous avons aménagé quelques matelas pour pouvoir les ramener au Sénégal. Aussi, nous avons demandé à un gendarme mauritanien de les accompagner pour leur faciliter la traversée du bac. Si, nous disposions d'ambulances et de médecins, ce problème n'allait pas se poser avec acuité'', souligne t-il.
A son avis, ce sont des Sénégalais qui vont à la Mecque, à Nimzath ou en pèlerinage ailleurs. ''Il faut que l'Etat les encadre en leur assurant un minimum d'encadrement'', poursuit-il. Dans cette dynamique, Chérif Beu'h soutient que la création d'un commissariat au pèlerinage de Nimzath est une urgence. ''Mieux, il faut qu'à l'occasion de chaque rendez-vous qu'un comité régional de développement soit organisé pour passer en revue toutes les questions afin d'assurer une meilleure coordination des actions entre les autorités mauritanienne et sénégalaise. Car, une fois en terre étrangère, les Sénégalais ont besoin d'aller et de venir en toute tranquillité''. Que dire de la situation qui prévaut à Rosso, la ville frontalière de la Mauritanie ? ''Les autorités doivent être présentes pour faciliter la traversée du bac, en relation avec leurs homologues mauritaniens'', fait remarquer Chérif Beu'h.
Relativement aux autres doléances (parking, adduction d'eau, aménagement de l'espace entre autres), Cheikh'Al Mahfou estime qu'il est tout à fait normal que des actions doivent être menées dans ce sens pour une meilleure prise en charge du pèlerinage de Nimzath. ''Seulement, il faut préciser que nous n'avons pas le droit de faire une ingérence dans la gestion des affaires mauritaniennes. Nos doléances, articulées autour la santé et de l'encadrement, s'adressent aux autorités sénégalaises. ''Car, nous voulons que tout se passe dans la paix, l'entente et la cordialité''.
Aussi, sur un autre registre, Chérif Beu'h s'est fait un point d'honneur d'inviter les automobilistes à la prudence. ''Car, les rares accidents dénombrés sur le chemin de Nimzath sont dus à des défaillances humaines. Alors, il faut rouler doucement pour éviter tout dérapage''. Alors, s'il est de la responsabilité des chauffeurs de rouler doucement ; à l'Etat, il lui incombe une meilleure assistance et une présence ... visible sur le terrain aux côtés des Sénégalais.
DOUDOU SARR NIANG
CHÉRIF HASSANA
« Nous sommes fiers des Sénégalais, talibés khadres »
''Il faut comprendre que le mois béni de ramadan est le seul mois qui a été évoqué dans le saint Coran. Lorsque Cheikhna Cheikh Saad-Bouh a atteint un degré de spiritualité très élevé, il a demandé à tous ceux qui voudraient se recueillir auprès de lui, de faire le déplacement de Nimzath, durant ce mois béni de ramadan. Surtout durant la dernière décade afin qu'elle puisse coïncider avec la nuit des décrets. C'est-à-dire cette nuit qui vaut 1000 mois''. De l'avis de Chérif Hassana, Cheikhna Cheikh Saad-Bouh a demandé aux talibés khadres de faire le déplacement de Salihina durant cette période pour pouvoir récolter les fruits de la dévotion par la grâce d'Allah le Tout-puissant. Mieux, poursuit le Chérif qui fait la fierté de Ndande, ''avec l'avènement de Cheikh Talibouya, il a demandé aux talibés de rester à Nimzath pour prier ensemble le jour de la korité''. Mais, tient-il à préciser, cette décision du khalife général de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh ne vient pas en concurrence aux autres jours choisis par les autres confréries religieuses. Car, il s'agit d'un événement islamique''.
Si 1946 a été le point de départ du pèlerinage annuel de Nimzath, il faut reconnaître avec Chérif Hassana que Cheikh Talibouya en profita pour interpeller le Sénégal qui, faut-il le rappeler, est le grenier de la khadrya.
''Que ceux qui effectuent le pèlerinage en ma dernière demeure voient tous leurs v½ux exaucés et que ma dernière demeure soit à l'image de Baytilahil Haram de La Mecque, un haut lieu de pèlerinage”. Pour Chérif Hassana, cet appel de Cheikhna Cheikh Saad-Bouh n'a pas été prononcé ex-nihilo. ''C'est parce que le Cheikh fut conscient de cette opportunité qu'il conféra à ses talibés cette chance unique. Car, sa proximité avec Allah le Tout-puissant pouvait lui permettre d'espérer une telle récompense, fuit d'une dévotion exemplaire''. Alors, nous autres chérifs, nous ne pouvons qu'être fiers de ces milliers de Sénégalais qui prennent le chemin de Nimzath pour raffermir leur foi. Mais aussi et surtout pour montrer leur degré d'attachement envers les dignes fils de Cheikhna. Car, le Sénégal est incontestablement la terre de prédilection des Chérifs''.
Revenant sur la nature de cette confrérie multi-séculaire, Chérif Hassana soutient que la force de la tarikha réside dans la nature de la « wird ». ''Car, la chaîne de transmission vient directement du prophète Mohamed (Psl). Il l'a confié à ses quatre khalifes. Et le dernier, en l'occurrence Ali l'a donné à son fils Al Hassan, le digne fils de Fatima Zahra. Le petit-fils du prophète l'a transmis à Hassan Basri. Cinq siècles plus tard, Cheikh Abdoul Khadre Jeylani hérita de la wird. Cette chaîne de transmission s'est poursuivie jusqu'à Cheikhna Mohamed Fadel. Et tout naturellement, il la confia à son fils élu, Saad-Bouh Abihi. ''Mes talibés ne sont pas tellement dés½uvrés, mais pour augmenter leur volume de connaissance et de bénédictions, je leur gratifie de cette wird''.
D. S. NIANG
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#Posté le samedi 24 mars 2007 17:20

Modifié le samedi 24 mars 2007 18:11

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makhetediop, Posté le mardi 29 juin 2010 18:45

cher frere j ecris seulement pour te remercier pour l oeuvre que vous avez tres bien exposè que dieu vous aide et rafermisse votre plume de meme que votre iman,je vous felicite,je vous encourage et vous remercie.


didi, Posté le lundi 23 juin 2008 18:43

merci bok je suis khadre et je suis tré contente de ton blok


assane, Posté le jeudi 19 avril 2007 20:16

salut et comment j'espere ke cette message te trouveras den de bonne condition quant a moi tout va bien et je sui content sur ce blog et c'est la premier fois ke je vois une persone faits des choses comme sa sur cheikhna cheikh saadbou et meme moi j'aeeasye d'ouvrir un blog sur cheikh saad bou et c'est cheikhnacheikhsaadbouh.skyblog.com
et j'aimerai avoir tes coordonnees pour mieux travailler sur ses genres pour cheikh saad bou et voici mon numero de tel c 3262014 et moi je suis un talibe de cehikh adrame oild walid ould atkhana ould cheikh saadbouh (wakhayretou aidara cherif)


Cheikhna, Posté le samedi 24 mars 2007 20:31

Al-Hamedoulilah!!!
Je suis très content de la mise en oeuvre de ce blog et j'en suis fière, je tiens à vous apporté toute ma gratitude et mon soutien pour la creation d'un veritable site dynamique destiné à la communauté. J'avais deja l'idée depuis un certain moment, mais des contraintes professionnelles m'ont retardé sur ce noble projet. Maintenant je pense que l'occasion s'est présenté cette fois ci, et je voudrais pas la raté. Je suis vraiment fière de votre si remarquable initiatiave. Qh'allah le tout puissant vous aide.
Inchallah ça ira!!!!


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